Les Bains d’Ovronnaz gardent la tête hors de l’eau. Le tribunal n’a pas déclaré l’entreprise en faillite mercredi, mais lui donne une nouvelle fois quatre mois pour trouver un accord avec ses créanciers. Un quasi-ultimatum, alors qu’aucune solution concrète ne s’est encore dessinée.
Faute de repreneur déclaré, c’est désormais au propriétaire actuel, Marc Farshidi, d’éviter la faillite. Lorsqu’il avait racheté les Bains d’Ovronnaz fin 2023, le sexagénaire partageant sa vie entre la Suisse et Dubaï, promettait d’assainir les finances et de développer le complexe thermal.
Mais désormais, selon des informations de la RTS, l’homme d’affaires surtout actif dans la commercialisation de caviar chercherait à vendre. Il a approché le promoteur immobilier valaisan Christian Constantin, qui a visité les bains, mais rien n’indique qu’il soit intéressé à remettre le complexe thermal à flot.
« Beaucoup à investir »
De leur côté, quelque 75 propriétaires de résidences secondaires se disent prêts à réunir plusieurs centaines de milliers de francs pour tenter de sauver les bains.
Car si la station se voit amputée de ses bassins, les chalets perdront de leur valeur. Pour Charly Teuscher, le président de l’association des propriétaires de résidences secondaires, il va donc falloir mettre la main au porte-monnaie.
« L’idée serait de tenter de reprendre la société avec l’argent qu’on arriverait à collecter et confier la gestion opérationnelle à des professionnels compétents et capables de redresser cet établissement qui mérite beaucoup d’investissement. Les installations où le public se rend pourraient faire mieux; il y a vraiment beaucoup à investir pour qu’on redonne le lustre ancien à ce magnifique établissement », explique-t-il à la RTS.
Renoncement à une partie des créances
Pour éviter la faillite, de nouveaux investissements ne suffiront toutefois pas.
Les créanciers devront aussi accepter de renoncer à une partie de leurs créances. Sont concernés des entreprises, des particuliers qui avaient investi dans la société au travers de bons de caisse, mais aussi la Banque cantonale du Valais et des collectivités publiques.
Si le Conseil d’Etat peut renoncer seul aux prétentions du Canton, la commune de Leytron devra, selon le montant en jeu, soumettre la question au vote de ses habitants lors d’une assemblée primaire.
Romain Carrupt/hkr