La gouvernance de la Comédie de Genève est « obsolète » et « défaillante »: telle est la conclusion d’un audit de la Cour des comptes dévoilé vendredi. Il a été mené auprès de la Fondation d’art dramatique à la suite de la grave crise qui a secoué le théâtre et sa directrice Séverine Chavrier l’an dernier.

Pour comprendre cet audit, il faut se souvenir de l’affaire Séverine Chavrier. Les médias révélaient l’année dernière un comportement problématique de la part de la directrice de la Comédie. Face à l’ampleur de la crise, un audit sur ce point-là, commandé par la Fondation d’art dramatique, est en cours mais bloqué par la justice.

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Le rapport rendu public vendredi porte uniquement sur la gouvernance de la Fondation d’art dramatique (FAD), dont dépend la Comédie. Il a été demandé par la magistrate de la Ville de Genève en charge de la Culture Joëlle Bertossa. Et le constat est sans appel: le système de gouvernance est jugé obsolète et incomplet: son règlement intérieur date de 1982.

Problèmes multiples

Le rapport pointe également des problèmes multiples. D’abord, un conseil de fondation trop grand et trop politique. Ensuite, une absence totale de stratégie pour piloter une institution qui gère 15 millions de francs d’argent public chaque année, dont 13 millions alloués à la Comédie.

Et enfin une surveillance défaillante, que ce soit celle de la Ville sur la fondation, ou celle de la fondation sur l’institution. Avec pour conséquences des recrutements non conformes et aucune évaluation de la direction.

Avec une feuille de route, les problèmes de la Comédie « auraient peut-être pu être identifiés plus rapidement », a dit vendredi à la presse celle qui a instruit l’affaire, Nathalie Brender.

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Refonte totale d’ici fin 2027

Pour sortir de cette impasse, la Cour a émis douze recommandations, qui ont toutes été acceptées. C’est une refonte totale qui est demandée: moderniser des structures à bout de souffle, renforcer les contrôles et professionnaliser le conseil de fondation pour y mettre des compétences, et non plus seulement des représentants politiques.

La conseillère administrative Joëlle Bertossa a également annoncé devant la presse le « scoop du jour »: le Canton va entrer en co-gouvernance, a-t-elle dit. Elle veut faire passer le conseil de fondation de 15 à huit membres.

Le président de la FAD Philippe Juvet promet lui des mesures d’ici fin 2026 face aux cas de non-conformité dans le recrutement à la Comédie pour lesquels il charge Séverine Chavrier.

Le chantier est important et doit être terminé d’ici 2027 pour que la Comédie puisse repartir sur des bases saines.

Miguel Hernandez avec ats