L’accident avait failli coûter la vie à une patineuse russe lors d’une répétition à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse de Lausanne en janvier 2020. Place désormais au procès, qui s’est ouvert lundi en vue de déterminer d’éventuelles responsabilités.
Cinq prévenus comparaissent devant le Tribunal d’arrondissement de Lausanne, à savoir le mari de la victime et quatre responsables d’une entreprise alémanique d’événementiel. Tous doivent répondre de lésions corporelles graves par négligence.
L’acte d’accusation ne tranche pas sur les responsabilités, mais relate deux versions divergentes, celle du mari et celles des techniciens.
Une chose est toutefois certaine: le treuil qui servait à hisser le cerceau dans lequel s’accrochait l’acrobate a été mal installé. Il a été fixé au plafond de la patinoire, alors que le plan de montage prévoyait une fixation au sol. De plus, les deux poulies qui devaient assurer un enroulement correct du câble sur le tambour n’ont pas été posées.
Chute de 4 mètres sur la glace
Les premières répétitions s’étaient déroulées sans accroc. Mais le 7 janvier 2020, l’avant-veille de la cérémonie d’ouverture des JOJ, le mauvais enroulement du câble en acier, couplé aux acrobaties de la patineuse, a provoqué des à-coups. La Russe a été déséquilibrée, avant de chuter d’environ quatre mètres sur la glace de la Vaudoise Arena.
Elle a souffert de multiples traumatismes, notamment à une main et au visage, et son pronostic vital avait été engagé. Si elle a pu être sauvée, la patineuse, aujourd’hui âgée de 42 ans, n’a pas pu reprendre son activité professionnelle.
>> Revoir le reportage de Mise au point après l’accident :
Le sort de la patineuse grièvement blessée lors des JOJ / Mise au point / 12 min. / le 16 février 2020 Le mari entendu
Lundi matin, c’est le mari qui a été entendu par la présidente du tribunal. Se décrivant comme un simple « assistant », chargé uniquement de hisser ou redescendre son épouse durant ses spectacles, il a indiqué ne pas s’impliquer dans les questions techniques.
Il a certes participé au montage du treuil mais, selon ses dires, en ne faisant qu’obéir aux instructions des techniciens alémaniques. « Ce sont des professionnels, je leur ai fait confiance », a-t-il relevé lors de son audition traduite du russe.
Le mari a aussi raconté que cette machine, achetée par son épouse, avait été utilisée pour environ 200 spectacles en Allemagne, sans le moindre problème, mais toujours avec une installation au sol.
Les techniciens lui auraient toutefois expliqué que cela n’était pas possible à la Vaudoise Aréna, car le treuil aurait dû se trouver dans une zone VIP. Il a dit avoir été « étonné » par cette décision mais, là aussi, répété qu’il avait fait « confiance ».
ats/hkr