Les sauces à salade toutes prêtes et bon marché sont-elles mauvaises pour la santé? L’enquête d’On en parle montre des différences notables. Certaines contiennent plusieurs additifs comme le glutamate de sodium (E621), d’autres aucun. Les différences énergétiques sont aussi étonnantes, allant de 173 calories à 389 calories pour 100 ml.

Un auditeur d’On en parle s’inquiète de la présence d’additifs dans les sauces à salade toutes prêtes vendues dans nos supermarchés, en particulier le glutamate de sodium ou E621, controversé et considéré comme à risque en cas de consommation élevée, selon l’application Yuka qui évalue l’impact des aliments sur la santé.

Pour son enquête, On en parle a examiné 16 sauces « à la française » vendues dans 6 grandes enseignes: Coop, Migros, Lidl, Aldi, Denner et Manor. Pour chaque enseigne, les trois disponibles les moins chères, à moins de cinq francs, ont été analysées.

Résultat: 11 sauces sur 16 contiennent des additifs. Sept sauces contiennent du glutamate de sodium. Parmi les autres additifs présents, le Sorbate de potassium (E202) est récurrent. Idem pour la gomme xanthane (E415).

Avec additifs mais peu calorique, sans additifs mais très calorique

Côté nutritionnel, les écarts sont importants: de 173 calories et 17g de matières grasses (Fresh Cut French Dressing, Aldi) à 389 calories et 41g de matières grasses (French Dressing bio, Manor) pour 100 ml. Cependant, le produit de Manor ne contient pas d’additifs, tandis que celui d’Aldi en contient trois différents, dont le glutamate de sodium. Interrogé par l’émission, Aldi Suisse tient à préciser que cet additif est « une substance naturellement présente dans de nombreux aliments » et « autorisé et considéré comme sûr par les autorités alimentaires. »

« La consommation d’additifs sur le long terme présente un risque réel pour la santé. Elle peut déclencher du surpoids ou de l’hypertension. Ces produits sont industriels, avec énormément de conservateurs et d’additifs », explique Aurelia Corbaz, nutritionniste et spécialisée en micronutrition, dans l’émission On en parle lundi.

« Le E621 est risqué parce que chez certaines personnes, à haute consommation, il peut provoquer des symptômes comme des vertiges ou des bouffées de chaleur. Les restaurants chinois utilisent beaucoup cet exhausteur de goût par exemple », poursuit la nutritionniste.

Des calories vides

Que penser des différences caloriques entre sauces? « Il s’agit de calories vides, c’est-à-dire qui ne sont pas nutritives, remplies de sucre, de sel et de mauvaises graisses. »

À noter que toutes les graisses ne sont pas forcément mauvaises pour la santé. « Regardez le type de graisse mentionné en premier sur l’étiquette: si c’est l’huile de colza, riche en oméga 3, ou de l’huile d’olive extra vierge, parfait. Elles sont plus grasses, mais beaucoup plus intéressantes pour la santé. » Elle recommande en revanche d’éviter les huiles hydrogénées ou modifiées.

Alors, que choisir? La nutritionniste conseille de lire l’étiquette avant d’acheter un produit. « Plus la liste des ingrédients est longue, plus elle est à fuir. S’il y a des additifs, des conservateurs partout, reposez la bouteille », conclut Aurelia Corbaz, qui recommande surtout de faire sa sauce soi-même. Par exemple, en mélangeant de la purée de sésame avec du yaourt, du citron ou des herbes. Ou tout simplement en mélangeant de l’huile d’olive ou de colza avec du citron ou du vinaigre.

Sujet radio: Marie Tschumi et Clémence Raymond

Adaptation web: Myriam Semaani