La population genevoise choisira son procureur général le 29 mars prochain. Olivier Jornot, sortant PLR, affronte Pierre Bayenet, procureur soutenu par la gauche. Cette élection populaire oppose deux conceptions différentes de la justice pénale.
Deux candidats sont en lice. Olivier Jornot, le sortant soutenu par le PLR, et Pierre Bayenet, procureur affilié au parti de gauche radicale SolidaritéS. La RTS vous propose huit questions pour découvrir les visions des deux candidats.
Olivier Jornot, le sortant intransigeant
Olivier Jornot occupe le poste depuis 14 ans. Il n’a été élu qu’une seule fois par le peuple, en 2014, face à Pierre Bayenet. Il a ensuite été reconduit tacitement, faute d’opposition.
Surnommé « le shérif », il n’a pas hésité à ouvrir des enquêtes sur plusieurs élus. L’affaire Pierre Maudet et son voyage à Abu Dhabi en est l’exemple le plus médiatique. Ses méthodes ont parfois suscité la controverse, comme lors de l’arrestation musclée de l’ancien député PLR Simon Brandt. Certains le jugent trop répressif. Lui se défend en rappelant qu’il dirige une institution d’accusation qui traite tout le monde de la même façon. Cette intransigeance séduit la droite et le Centre.
La gauche voit en Olivier Jornot une machine à mettre en prison des personnes précaires et sans statut légal. Ses opposants se plaisent à rappeler qu’Olivier Jornot a commencé sa carrière politique dans le parti d’extrême droite Vigilance il y a 40 ans. Il a par la suite présidé le Parti libéral, et a siégé au Parlement genevois, avant d’être élu procureur général par le Grand Conseil. Il a aujourd’hui le soutien de son parti, le PLR, ainsi que de l’UDC et du Centre.
Pierre Bayenet, le challenger de gauche
Pierre Bayenet promet une justice moins répressive. Avec lui, moins de personnes iraient en prison, assure-t-il. Il prône des peines plus légères pour les vols et les infractions à la loi sur les étrangers, soit tous les délits qui ne mettent personne en danger. Pour ses détracteurs de droite, cette vision de « bisounours » laisserait la population genevoise dans l’insécurité.
Pierre Bayenet défendait déjà ce point de vue en 2014, lors de sa première candidature face à Olivier Jornot. À l’époque avocat, il était surtout connu pour avoir défendu les squatteurs du Rhino et scruté les violences policières notamment lors des manifestations contre le G8 à Genève. A l’époque, il était uniquement soutenu par la gauche radicale et les syndicats. Il avait récolté près de 34% des voix.
Depuis, il est devenu procureur. Il se présente donc aujourd’hui face à son propre patron. Il bénéficie désormais du soutien de toute la gauche, y compris des Verts et des socialistes. Ce soutien a été ébranlé par des révélations du quotidien Le Temps. Le journal a révélé que Pierre Bayenet avait acheté l’appartement d’un ancien client, avant de le revendre plus cher après avoir fait évacuer ses occupants. Le candidat s’est expliqué. La gauche s’est dite rassurée. Cette affaire reste néanmoins embarrassante pour celui qui s’est présenté comme le défenseur des locataires précaires et des squatteurs.
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Qui sont Olivier Jornot et Pierre Bayenet, les deux candidats au poste de procureur général de Genève?
Anouk Pernet