Le Salvador du président Nayib Bukele, critiqué par les organisations de défense des droits humains, a durci mardi sa guerre contre les gangs. Le Parlement a adopté une réforme constitutionnelle instaurant la prison à perpétuité pour les  » meurtriers, violeurs et terroristes ».

Nayib Bukele, qui exerce le pouvoir au Salvador de manière presque absolue, renforce ainsi l’arsenal d’une politique sécuritaire admirée par plusieurs dirigeants latino-américains, mais dénoncée par diverses ONG pour ses dérives.

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« Notre guerre sans merci contre les terroristes ne s’arrête pas (…) C’est pourquoi nous demandons la prison à perpétuité pour ce type de criminels », a déclaré le ministre de la Sécurité, Gustavo Villatoro, en présentant mardi l’initiative au Parlement monocaméral, dominé par le parti du président. Il a également évoqué une peine similaire pour les « meurtriers et violeurs ».

La réforme a été approuvée par 59 des 60 parlementaires, a annoncé le président de l’Assemblée législative, Ernesto Castro. Elle supprime l’interdiction constitutionnelle des « peines à perpétuité ». Jusqu’à présent, la peine maximale au Salvador était de 60 ans.

Homicides au plus bas

Ce texte est adopté à quelques jours du quatrième anniversaire de l’instauration d’un régime d’exception au Salvador, qui a conduit à l’arrestation, sans mandat judiciaire, de 91’500 personnes accusées d’être des membres de gangs ou des complices de ceux-ci.

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La stratégie de Nayib Bukele a fait chuter les homicides à des niveaux historiquement bas dans ce pays d’Amérique centrale. Elle a permis de réduire drastiquement la violence des gangs Mara Salvatrucha et Barrio 18, qui contrôlaient des quartiers et des villes entières, pratiquant l’extorsion et le meurtre.

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Amnesty International, Human Rights Watch et d’autres organisations internationales et salvadoriennes affirment toutefois que cette politique sécuritaire s’est accompagnée d’arrestations arbitraires, d’incarcérations d’innocents et d’actes de torture. Ces derniers jours, Nayib Bukele a publié plusieurs messages sur X dans lesquels il accusait les ONG de se transformer en « cabinets d’avocats des délinquants ».

afp/jtr