La Cour de justice genevoise a annulé un jugement qui bloquait la généralisation du 30km/h. Le canton pourrait donc limiter la vitesse sur 400 axes. Mais l’affaire pourrait encore rebondir devant le Tribunal fédéral.

Le canton de Genève peut étendre le 30 km/h comme prévu. C’est en tout cas l’avis de la Chambre administrative de la Cour de justice genevoise, comme l’a révélé ce mardi Léman Bleu.

Il y a un an pourtant, un premier tribunal avait tranché contre cette limitation massive de vitesse. Des associations de défense de l’environnement avaient alors fait recours contre ce verdict. Le 14 avril dernier, la justice genevoise leur a donné raison.

Une décision qui ravit Matthieu Jotterand, vice-président de l’Association transports et environnement Genève: « Un quart de la population genevoise souffre du bruit routier et perd des années de vie en bonne santé à cause cela. Et 30 km/h, c’est aussi des morts sur les routes ou des blessés graves évités puisque les collisions sont moins dangereuses. »

Un policier débouté

C’est un policier qui avait attaqué le 30 km/h en justice. Il estimait que cette mesure l’entravait dans ses déplacements, notamment professionnels.

La Cour de justice n’a pas été convaincue par son argumentation. Elle a jugé qu’il n’avait pas démontré être spécialement touché par l’installation des zones 30, hormis un éventuel rallongement de ses trajets.

Dans son arrêt que la RTS a pu consulter, la cour ajoute même que le policier pourrait bénéficier du 30 km/h dans sa rue: « Il convient de retenir que la réduction de la vitesse ne permet pas seulement de diminuer les nuisances sonores, mais encore d’améliorer la sécurité pour la mobilité douce (…) et la qualité de l’espace public ».

Recours au TF en vue

L’avocat du recourant ne l’entend pas de cette oreille. Romain Jordan pense saisir la plus haute cour du pays. « Le Tribunal fédéral doit annuler cet arrêt qui n’est pas convaincant », déclare-t-il au micro de la RTS. « Quand on est un policier amené à assumer des courses urgentes, on est touché par la limitation à 30km/h, encore plus si on si on vit dans une zone à vitesse limitée. »

Du côté du canton, on attend que la justice tranche définitivement pour aller de l’avant. Le conseiller d’Etat en charge des mobilités, Pierre Maudet, se réjouit de tourner la page: « Cette affaire a beaucoup trop duré. La judiciarisation en matière de mobilité doit appartenir au passé. Ma préoccupation principale, c’est de faire en sorte que les Genevoises et les Genevois sortent du blocage en matière de circulation. »

Le ministre veut mettre en application le compromis trouvé avec plusieurs associations de mobilités et les partis. Au total, 280 axes seraient limités à 30 km/h en tout temps et 120 uniquement la nuit. Il s’agirait essentiellement de zones résidentielles, assure le canton.

Anouk Pernet et Juliette May