Crise au travail, examens, charge mentale à la maison : le
stress fait partie du quotidien. On incrimine volontiers les mails,
les écrans ou le manque de sommeil. Un facteur beaucoup plus banal
passe pourtant sous les radars, alors qu’il pourrait peser lourd
dans la réaction du corps.

Une équipe de la Liverpool John Moores
University
a mis en lumière un lien étroit entre
stress déshydratation dans une étude publiée en
2025 dans le Journal of Applied Physiology. Les chercheurs
montrent que des adultes en bonne santé qui boivent peu produisent
bien plus d’hormone du stress face à une situation
tendue. Le tout sans forcément ressentir la moindre soif.

Stress et déshydratation : ce que montre l’étude de
Liverpool

Le protocole est simple : des jeunes adultes ont été classés
selon leur apport hydrique habituel, avec un groupe à moins de
1,5 litre d »eau par jour (eau et boissons chaudes)
et un groupe suivant les recommandations, soit environ 2
litres
pour les femmes et 2,5 litres pour
les hommes. Tous ont ensuite passé un test de stress social
standardisé, proche d’un entretien d’embauche avec calcul mental
devant un jury.

Résultat, rapporté par les médias : les deux groupes déclaraient
un niveau d’anxiété similaire et leur fréquence cardiaque
augmentait de façon comparable. En revanche, la réponse du
cortisol salivaire, l’hormone clé du stress,
dépassait de 50 % chez les moins hydratés, avec parfois un pic qui
pouvait quasiment doubler. Autre indice biologique, leur urine
était plus foncée et concentrée, signe de déshydratation, alors
même qu’ils ne se disaient pas plus assoiffés.

Comment le manque d’eau fait grimper le cortisol

Pour expliquer ce lien entre stress
déshydratation
, les scientifiques pointent une hormone :
la vasopressine. Quand le corps manque d’eau, elle
se met à circuler pour aider les reins à économiser le liquide. Les
auteurs résument que « la libération prolongée de vasopressine
sollicite davantage les reins, qui doivent travailler davantage
pour concentrer l’urine et gérer l’équilibre électrolytique. La
vasopressine agit également sur l’hypothalamus, le centre cérébral
de réponse au stress, où elle peut influencer la libération de
cortisol », expliquent-ils, cités par TF1 Info.

Une réactivité exagérée du cortisol au stress a
déjà été associée à un risque accru de maladies cardiovasculaires,
de diabète, mais aussi de troubles anxieux et de dépression.
L’étude suggère que même une déshydratation légère, parfois
silencieuse, pourrait donc rendre l’organisme plus vulnérable à ces
effets au fil du temps. Les chercheurs rappellent qu’un bon repère
consiste à surveiller la couleur des urines : un jaune clair
traduit en général une hydratation correcte.

Combien boire pour aider le corps à
mieux encaisser le stress

Pour limiter cette surchauffe hormonale, les auteurs
recommandent de viser au moins 1,5 litre d’eau par jour, et
idéalement autour de 2 litres de liquides pour les
femmes et 2,5 litres pour les hommes. Le Dr Daniel
Kashi conseille de garder une bouteille d’eau à portée de main, de
boire régulièrement même sans soif et d’être particulièrement
vigilant avant une période très stressante, comme un examen ou une
présentation. L’équipe souligne qu’il reste nécessaire « d’examiner
l’influence de la modification de la consommation habituelle d’eau,
dans des limites sûres, sur la réactivité du cortisol salivaire au
stress psychosocial aigu », et rappelle que l’hydratation ne
remplace pas une prise en charge médicale en cas de troubles
anxieux ou dépressifs, surtout chez les personnes ayant des
problèmes cardiaques ou rénaux.