Dans le cadre de notre rubrique « Courrier des lectrices et des lecteurs », Yves Pinon (Ille-et-Vilaine) réagit au sujet de l’obligation pour les cantines des villes de plus de 2000 habitants d’interdire l’utilisation de barquettes plastiques :
« Je remercie Ouest-France de nous avoir informés, au travers de deux articles parus dans l’édition de Rennes. Dans le premier, titré « Malgré l’interdiction, le plastique est toujours utilisé dans les cantines scolaires de Rennes » (Ouest-France du 14 mai 2025). Ludovic Brossard, conseiller municipal délégué à l’alimentation durable, nous y explique qu’il n’est « pas si évident » de mettre en place les solutions techniques nécessaires et qu’il convient d’attendre 2029, date prévue de la mise en service d’une nouvelle cantine centrale. Dans le deuxième, titré « À Rennes, des parents d’élèves mettent la pression pour que le plastique soit banni au plus vite des cantines » (Ouest-France du 4 janvier 2026), l’élu ainsi que deux directeurs opérationnels de la ville de Rennes réaffirment les contraintes les empêchant de se conformer à la loi en vigueur.
Pour rappel, cette loi a été promulguée en octobre 2018, fixant une mise en application effective au 1er janvier 2025 pour les villes de plus de 2 000 habitants, laissant six années aux municipalités pour prendre les dispositions nécessaires.
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« Et si c’était des agriculteurs ? »
Au-delà du cas de Rennes, il serait intéressant de connaître l’état de la situation globale, quelles villes respectent ou non la réglementation. Ayant pour ma part recherché cette information avec peu de succès, j’ai toutefois compris que, par exemple la ville de Nantes serait dans une situation comparable à Rennes, alors que la Métropole d’Angers se serait dotée d’une nouvelle cuisine centrale zéro plastique (remplacés par verre et inox) depuis 2022.
Cette situation amène à se poser plusieurs questions. Comment est-il possible que, dans un État de droit, des élus puissent assumer publiquement le non-respect de la loi en vigueur ? Pourquoi l’État dictant de nouvelles lois ne se donne-t-il pas toujours les moyens d’en contrôler et de faire respecter leur application ? Quelle serait notre réaction si des agriculteurs continuaient à utiliser des pesticides interdits ? Quelles incidences ont sur la démocratie et la confiance en nos élus, les non-respects d’engagements et d’obligations ? »