Il serait réducteur de nier tout apport des réseaux sociaux. Ils facilitent les échanges à distance, le partage instantané de contenus, l’accès à certains apprentissages, et permettent parfois de retrouver d’anciens proches ou amis. Mais aujourd’hui, le vrai débat porte ailleurs. Les géants du numérique ont fait des réseaux sociaux des outils devenus presque incontournables, en jouant largement sur les vulnérabilités humaines. Pour mieux protéger les mineurs, plusieurs États ont décidé de serrer la vis. L’Australie a déjà interdit l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans. La France a engagé une démarche similaire, avec une éventuelle limitation pour les moins de 15 ans dès la prochaine rentrée. En Belgique, une volonté politique avait également été évoquée par la ministre fédérale du Numérique, Vanessa Matz. Depuis cette annonce, le silence domine.
Mais qui regarde encore la télé ? Face au streaming et aux réseaux sociaux, où en sont vraiment les audiences du petit écran ?Un parallèle avec le procès du tabac
Aux États-Unis, de nombreuses plaintes portées par des utilisateurs n’ont jamais abouti car le contenu des plateformes était attaqué. Or, il existe ce qu’on appelle « la section 230 », une loi qui « immunise » les plateformes en ligne (réseaux sociaux, sites web) de toute responsabilité juridique quant au contenu publié par leurs utilisateurs. Mais, « dans ce procès, c’est l’usine en elle-même qui est mise en question, le design persuasif: le scroll infini, la recherche d’approbation sociale avec les likes, etc », explique Xavier Degraux, formateur et consultant en marketing digital, expert des réseaux sociaux. Certains ont d’ailleurs fait le lien avec le procès du tabac. « Il y a vraiment un parallèle à faire avec cette industrie qui travaille sur l’addiction. »
Et si la sentence se confirme, cela va marquer la fin de la lune de miel entre les plateformes et… les autres. « Dès qu’il y a une jurisprudence, ça peut aller très loin. C’est un bouleversement et un moment de rupture pour les réseaux sociaux. Ils seraient condamnés à changer beaucoup de choses ». Jusqu’à leur modèle économique. Sauf que selon l’expert, deux géants ont été « oubliés »: TikTok et Snapchat qui « ont conclu des accords à l’amiable pour éviter les procès publics ».