Interview de Jean-Luc Mélenchon dans son bureau du siège de LFI, le 19 juin 2024.
Paul DELORT / Le Figaro

Après tout, si c’était vrai ? Personne n’a cru Jean-Luc Mélenchon lorsqu’il clamait sa volonté d’être remplacé après son élimination sur le fil à la dernière présidentielle.

«Faites mieux», jetait-il comme un gant à la foule militante, après être parvenu à rassembler 22% des suffrages. Dans les quatre années qui ont suivi, il a répété maintes fois qu’il souhaitait voir quelqu’un prendre sa suite.

Maintes fois aussi, il a témoigné d’une forme de lassitude vis-à-vis du petit théâtre médiatico-politique. «Je vis dans un pays où l’on me crache dessus trois ou quatre fois par jour à la télé. Et quand j’ouvre un journal, c’est pour y lire des injures. L’acide passe parfois sous l’armure», se lamentait-il en février 2025 à La Tribune Dimanche, avant de marteler immédiatement : «Mon but reste d’être remplacé.»

En se déclarant candidat pour la quatrième fois, l’homme de gauche a inéluctablement instruit les procès en cynisme et en mauvaise foi. Ses opposants, nombreux et résolus désormais, y ont vu la nouvelle preuve d’une mégalomanie aiguë, comme si tout tournait autour de sa petite personne.

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